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Ne
pas se contenter d'audits purs
La prise en compte du développement durable
dans les directions achats (adoption de référentiel,
de charte) est avant tout motivée par une
meilleure évaluation des risques sociaux
et environnementaux. Il faut souligner que
les questionnaires des agences de notation extra-financières
envoyées aux sociétés cotées
comportent des questions sur la chaîne d'approvisionnement.
Toutefois, si les entreprises ont intégré
des critères développement durable
dans les documents contractuels et recourent à
des audits, la phase de suivi est très
inégale d'une entreprise à une autre.
Les points de non-conformité nécessitent
une négociation avec les fournisseurs tant
sur les échéances concernant la
mise en oeuvre des actions correctrices qu'au
niveau de la révision des prix (augmentations
de l'ordre de 10 à 15% sont courantes).
Le
point sensible concerne les critères sociaux
dans les pays à bas coûts.
En effet, un certain nombre de points
cruciaux posent problème en raison du non
respect des standards élaborés par
l'Organisation Internationale du Travail, les
Droits de l'homme et/ou la norme de responsabilité
sociale SA 8000.
Il faut souligner les risques encourus par
les sociétés en termes d'image
lorsque les audits mettant en avant des points
de non-conformité ne sont pas suivis
de prises de décisions (mise en place
d'actions correctrices sur les sites concernés
jusqu'à l'exclusion de fournisseurs).
Des points à
mieux prendre en compte
La définition d'une démarche développement
durable dans la fonction achats doit faire partie
des objectifs stratégiques de l'entreprise
et ce, quelle que soit l'importance des fournisseurs
dans le portefeuille achats.
Des améliorations sont
attendues d'une part concernant la
définition d'indicateurs pertinents pour
le reporting et d'autre part sur les différences
de points de vue en interne (par exemple entre
la direction achats et la direction développement
durable).
Enfin, la formation des acheteurs doit être
renforcée. Outre des connaissances techniques,
les acheteurs doivent en effet avoir des compétences
pointues dans le domaine du développement
durable.
Quelques exemples
d'engagements
Au
niveau mondial, plusieurs initiatives sectorielles
(notamment dans les secteurs du jouet, de l'électronique
et du textile) ont vu le jour. Elles permettent
aux entreprises adhérentes de définir
un cadre commun concernant les processus de validation
et de partager les rapports d'audits.
En France
La Fédération des entreprises du
Commerce et de la Distribution (FCD) a lancé
en 1998 l'Initiative Clause sociale. A
ce jour, 14 enseignes de la grande distribution
(Auchan, Camif, Carrefour, Casino, Cora, Galeries
Lafayettes, Jules, E.Leclerc, Leroy Merlin, Monoprix,
Okaïdi, Groupe PPR, Système U, 3 Suisses)
oeuvrent pour faire respecter à leurs fournisseurs
les principes des Droits de l’homme et la réglementation
sociale locale dans leurs unités de production.
Des plans d'actions sont mis en place à
la suite d'audits sociaux chez les fournisseurs
directs des enseignes. Un bilan des actions est
publié chaque année.
Carrefour
travaille depuis 1998 avec la Fédération
internationale des droits de l'Homme (FIDH). Une
Charte sociale fournisseur a été
adoptée en 2000 et révisée
fin 2004. Trois types d'audits sont menés
: par les équipes qualité de Carrefour,
par des cabinets externes et par Infans, l'association
créée entre Carrefour et la FIDH.
La
démarche a ainsi permis au groupe de continuer
à travailler avec le Bangladesh, un pays
dans lequel a été mené un
projet pilote de formation au
droit du travail pour
le management et les salariés dans 2 usines
durant l'année 2004.
Ressources utiles
L'OIT (Organisation Internationale du Travail)
a publié en octobre 2008 un guide destiné
aux entreprises pour les aider à évaluer les
risques liés au travail forcé dans la chaîne
d'approvisionnement. Le guide donne des conseils
pratiques et s'appuie sur des exemples d'actions.
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